Didier Calame

Conseiller national

Un homme de terrain qui a les pieds sur terre
et dans la terre.

Je présente ma motion 24.3246, "Soutenir le développement d'alternatives aux plastiques pour l'emballage de balles d'ensilage". L'utilisation de films plastiques pour l'enrubannage des balles d'ensilage est très répandue dans l'agriculture suisse. Chaque balle nécessite environ 1,2 kg de plastique et, au niveau national, l'agriculture en consomme plusieurs milliers de tonnes pour ces usages. Même si des systèmes de collecte et de recyclage existent, une part importante finit encore dans les circuits d'incinération.

La Suisse a développé des programmes de récupération comme la collecte organisée par Erde Suisse, qui a permis de recycler plus de 2200 tonnes de plastique par année. Cependant, le recyclage a des limites. Il dépend de la qualité du tri et de la propreté des films. Il nécessite des transports et des processus industriels. Une partie des plastiques reste difficile à recycler. La réduction et la substitution du plastique constituent donc un complément indispensable aux efforts de recyclage.

Le développement d'alternatives - par exemple, films biodégradables, matériaux biosourcés, systèmes d'ensilage sans plastique - nécessite des investissements en recherche et développement. Un soutien public permettrait d'impliquer les instituts de recherche agricole, de soutenir les entreprises innovantes, de tester des solutions dans les exploitations. L'agriculture suisse est déjà engagée dans une transition vers des pratiques plus durables - réduction des intrants, économie circulaire, meilleure gestion des ressources. Or, les plastiques agricoles restent une zone de progrès importante. Promouvoir des alternatives, améliorer le bilan environnemental du secteur, réduire les émissions liées à la production et au traitement des plastiques, répondre aux attentes sociétales en matière d'écologie : la problématique des plastiques à usage court est au centre des politiques environnementales, en Suisse, en Europe, dans les chaînes d'approvisionnement alimentaire. Investir aujourd'hui dans des alternatives permet d'anticiper les futures exigences réglementaires, de maintenir la compétitivité de l'agriculture suisse et de renforcer l'image durable des produits agricoles.

En conclusion, le postulat 24.3246 constitue une démarche pragmatique et prospective. Il ne crée pas immédiatement de nouvelles obligations, mais invite le Conseil fédéral à examiner et soutenir des solutions alternatives aux plastiques. En favorisant l'innovation et la réduction des déchets à la source, ce postulat contribue à la protection de l'environnement, à la modernisation de l'agriculture et à la cohérence des politiques de durabilité.


Déroulement du débat


Didier Calame
Les Planchettes (CH) (NE)

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