Didier Calame
Conseiller national
Un homme de terrain qui a les pieds sur terre
et dans la terre.
Je me présente aujourd'hui devant vous pour défendre le postulat 24.3110, qui porte sur une menace bien réelle, concrète et déjà visible sur notre territoire. Le frelon asiatique n'est pas un problème théorique, n'est pas une inquiétude lointaine, c'est une réalité qui touche déjà nos apiculteurs, fragilise la biodiversité et met sous pression un équilibre écologique dont dépend une partie essentielle de notre agriculture.
Le frelon asiatique est un prédateur redoutable. Il s'attaque directement aux abeilles, ces pollinisatrices indispensables à notre sécurité alimentaire. Une seule colonie de frelons peut détruire des milliers d'abeilles en une saison. Derrière ces pertes, il y a des femmes et des hommes, nos apiculteurs, qui voient leur travail anéanti, parfois en quelques semaines.
Nous devons être lucides. Sans intervention coordonnée et déterminée, la progression de cette espèce invasive est inévitable. Face à cette situation, deux axes d'action s'imposent. Premièrement, la reconnaissance et le soutien aux apiculteurs. Aujourd'hui, ceux-ci subissent des pertes importantes : pertes de colonies, pertes de production, pertes économiques directes ; sans mécanisme de compensation adapté. Or, ils rendent un service essentiel à la collectivité. Ils ne sont pas seulement des producteurs de miel, ils sont les gardiens de la pollinisation, donc, de notre agriculture. Il est donc légitime, juste et nécessaire de prévoir des dédommagements pour les apiculteurs touchés par les dégâts causés par le frelon asiatique. Ces compensations ne doivent pas être perçues comme une dépense, mais comme un investissement dans la protection de notre système agricole et de notre biodiversité.
J'en viens à l'action concrète pour limiter et éradiquer la menace. Nous savons que la clé de la lutte contre le frelon asiatique réside dans la détection rapide et la destruction de nids. Chaque nid détruit, c'est, potentiellement, des milliers de frelons au moins l'année suivante. Mais cette tâche est complexe, dangereuse et exige des compétences spécifiques. C'est pourquoi il est indispensable de structurer et de soutenir un réseau de chasseurs de nids - des professionnels formés, équipés et coordonnés, capables d'intervenir efficacement sur le terrain.
Aujourd'hui, ces interventions reposent trop souvent sur des initiatives isolées, sur du bénévolat ou sur des moyens insuffisants. Ce n'est pas à la hauteur de l'enjeu : préserver la biodiversité, sécuriser notre agriculture et éviter des coûts bien plus lourds demain. Il ne s'agit pas seulement de défendre une profession, il s'agit de défendre un équilibre.
Je vous invite à soutenir ce postulat, à envoyer un signal clair et à permettre la mise en place de mesures concrètes, justes et nécessaires.
Didier Calame
Les Planchettes (CH) (NE)